Ce shabbat Hagadol, ce grand shabbat qui précède la fête de Pessah !

Ce shabbat Hagadol, ce grand shabbat qui précède la fête de Pessah, il convient de réfléchir sur une facette de la spécificité de Pessah.  Le soir de Pessah, nous avons l’occasion de célébrer notre liberté et notre possibilité de choisir librement notre mode de règle de vie. Aussi, l’auteur de la haggadah nous présente quatre visages qui sont mis en exergue et qui prendront tour à tour la parole. Il s’agit d’abord du sage puis du déviant ensuite du simplet et enfin celui qui est incapable de formuler la moindre question. Nous observerons qu’à travers leur questionnement respectif, chaque protagoniste est porteur d’un programme de vie. Le texte commence par le sage qui se pose une seule question essentielle pour un croyant : quelles sont les modalités pour parvenir à servir D.ieu ?  En ce qui le concerne les problèmes de foi et de philosophie sont déjà réglés. Le sage nous invite à méditer inlassablement la Torah et nous plonger dans l’océan du Talmud pour ainsi découvrir les trésors enfouis infinis de sagesse. Puis vient ensuite le programme du déviant qui argue comme leitmotiv que « croire pourquoi pas mais la pratique et à plus forte raison l’étude des textes n’ont aucun sens et constituent à ses yeux une entrave à sa liberté et à sa joie de vivre sans le laisser profiter librement de ce monde ». Dans cette perception, nous lui répondons que s’il avait été en Égypte il n’aurait pas été libéré car nous lui rappelons que L’Égypte antique figure comme le berceau de cette civilisation où l’hédonisme prédominait en maître et où la spiritualité était totalement niée. Son  programme n’est pas un progrès, mais au contraire, une régression et un retour en arrière vers un monde sans Torah et sans lumière où  brûlent  seulement les attraits pour l’argent, la puissance et les vanités de ce monde.  Puis vient le tour du simplet qui se contente de se demander : qu’est-ce que cela ? Il cherche une troisième voie, un compromis entre sa foi et ses envies matérielles. On tente de le faire basculer vers la sortie des pays des pyramides et tout ce qu’elle implique. Une opportunité vers une vie merveilleuse. En fine, le quatrième personnage n’ose même pas s’exprimer. Il symbolise ces juifs qui ne seront pas à la table de la soirée du seder de pessah. Soit par ignorance soit par rejet.

En cette nuit de pessah nous ne les oublions pas et nous leur tendons la main. Comme une maman d’où l’emploie du féminin dans la réponse apportée à ce personnage, toi la maman ouvre lui la bouche et aide-le à vider son amertume et sa rancune et au contraire comble ses lacunes infinies en l’aidant à recoudre le fruit de son histoire par la connaissance de la Torah et de ses mitsvot.

Je vous souhaite un lumineux Shabbat Shalom                                                                   Rabbin Yoni KRIEF

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